Sauvegarde de la biodiversité de la forêt communale de la Ligne d’Equerre
Figure 1: Rare observation de la fleur de la Liane de clé (Hugonia serrata) photographiée dans la forêt de la Ligne d’Equerre
Le projet de gestion de la forêt de la Ligne d’Equerre a pour objectif de restaurer l’une des dernières forêts communales du Tampon. La réalisation de ce projet a été rendue possible grâce à la volonté de la municipalité du Tampon, de la CASUD, de France Travail et l’AVE2M d’agir conjointement à la sauvegarde de cette forêt.
Une biodiversitéensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend également les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux rare en danger
La Ligne d’Equerre est un petit village situé sur la commune du Tampon à environ 850m d’altitude. La forêt présente dans ce village est une relique de la forêt primaire qui a perduré malgré la pression humaine. En effet, le village a été construit aux abords de la forêt et tout autour, de multiples activités agricoles sont menées depuis de nombreuses années. Le Conservatoire Botanique National de Mascarin (CBNM) a identifié deux habitats spécifiques à cette forêt. Le climat mésophile semble caractériser la forêt. Il s’agit en fait d’un climat de transition entre les zones humides et sèches. En effet, sur les crêtes et planèzes, la végétation est plutôt basse (<10 mètres) et composée d’espèces du milieu sec comme le Bois d’olive blanc ou Bois de rempart. Tandis que dans les pentes et cours d’eau, la végétation est plus haute (>10 mètres), composée du Grand natte et Bois de balais.
Figure 2: Localisation de la forêt de la Ligne d’Equerre en fonction du SAR (Schéma d’Aménagement Régional)
La forêt couvre environ 7ha. Actuellement, elle abrite des zones bien préservées, là où les espèces invasives sont en retrait par rapport aux espèces indigènes et endémiques. On pourrait se croire en pleine forêt humide de basse altitude comme dans la réserve biologique de Mare Longue avec le magnifique Vacoa pourpre (Pandanus purpurascens). Ce type d’habitat est devenu plutôt rare à l’échelle de l’île et est menacée par la colonisation des espèces exotiques envahissantes.
Figure 3: Fourré à Vacoa pourpre (Pandanus purpurascens)
D’après l’inventaire réalisé par le CBNM en 2026, plus de 180 espèces ont été identifiées. Près des 2/3 sont des espèces indigènes parmi lesquelles 8 espèces sont classées menacées par l’UICN. La forêt était déjà reconnue comme abritant deux espèces précieuses : la Liane de clé (Hugonia serrata) et le Bois jaune (Ochrosia borbonica). Ces 2 espèces endémiques sont protégées par arrêté ministériel et sont en voie d’extinction (liée au braconnage, taux de germination faible, absence de dispersion, …). Sans action de préservation, elles sont vouées à disparaître à l’échelle de la forêt, voire à l’échelle de l’île.
Figure 4: La Liane de clé (Hugonia serrata) endémique de La Réunion et Maurice, classée « en danger » d’extinction
Historiquement, la déforestation a été la principale cause de la disparition de 70% des forêts primaires de La Réunion. Depuis, des réglementations et des lois ont été instaurées pour sauvegarder les forêts. Malheureusement, les espèces exotiques envahissantes prolifèrent et détruisent progressivement les forêts primaires. La forêt de la Ligne d’équerre ne fait pas exception. Certaines portions sont dominées par les EEE comme le Califon (Strobilanthes hamiltoniana) ou le Jamerosat (Syzygium jambos). Ces espèces privent les indigènes de la ressource en lumière, en nutriment, en eau et en espace. Les quelques arbres indigènes présents et leurs plantules sont voués à être remplacés par ces espèces exotiques. Il faut agir rapidement et durablement.
Le projet de restauration écologique de la forêt de la Ligne d’Equerre
C’est dans ce contexte que l’AVE2M a sollicité un partenariat avec la municipalité du Tampon et la CASUD pour mettre en place un projet de restauration de cette forêt. Les actions ci-dessous ont été définies et permettront de mener à bien ce projet :
- Ingénierie écologique (inventaires, cartographie, suivi phénologique, …)
- Lutte contre les EEE
- Replantation d’espèces endémiques communes (semis en pépinière, repiquage, transplantation, …)
- Renforcement des populations d’espèces protégées. Un travail collaboratif entre le CBNM et l’AVE2M est nécessaire pour obtenir une dérogation permettant d’agir directement à la conservation de ces espèces précieuses.
- Lutte contre le braconnage (freiner l’écorçage de plantes protégées, le piégeage d’oiseaux, …)
- Gestion des déchets (évacuation des déchets, mise en place de panneaux de sensibilisation)
- Aménagement du site (changer le tracé du sentier, refaire des escaliers, …)
- Sensibilisation / communication (animation auprès des scolaires, sensibilisation des riverains, …)
Le premier financement obtenu a permis le déploiement d’une équipe de terrain à mi-temps avec des salariés en contrats aidés pour réaliser les actions de lutte et de plantation. Des formations sont dispensées auprès des salariés de l’équipe afin qu’ils reconnaissent les espèces et qu’ils adaptent leurs méthodes de travail en fonction des besoins. C’est l’équipe technique de l’AVE2M qui accompagnera l’équipe de terrain pour les former et s’assurer de la bonne mise en œuvre des actions.
Figure 5: Formation dispensée par l’encadrant technique de l’AVE2M auprès des agents travaillant à la forêt de la Ligne d’Equerre
Les objectifs principaux :
La lutte contre les EEE :
Ce site ayant été abandonné depuis plus d’une dizaine d’années, la priorité est la lutte contre les EEE présentes. Il est primordial de dégager et de protéger les semenciers pour favoriser la floraison et la fructification des espèces indigènes.
Concernant les EEE végétales, diverses espèces sont présentes et nécessitent d’adapter la stratégie de lutte en fonction de leur répartition sur le site et de leur mode de multiplication. Les stratégies sont définies initialement afin d’optimiser l’effort de lutte. Trois espèces peuvent être citées à titre d’exemple car elles sont les plus dominantes :
– Le Jamerosat (Syzygium jambos) s’est implanté dans la forêt majoritairement en partie basse et en zone humide. Il forme une forêt quasiment monospécifique en empêchant les autres espèces de se développer et de s’implanter. Il convient pour cette espèce de lutter progressivement en dégageant les semenciers indigènes et en complétant la coupe des Jamerosats par un traitement adapté et par des replantations d’espèces indigènes. En dégageant brutalement la zone, cela va créer une grosse trouée de lumière favorisant la colonisation par d’autres EEE comme le Raisin marron ou le Galabert. Il faudra être vigilant pour éviter l’installation de ces 2 espèces qui sont peu présentes au cœur de la forêt et les retirer rapidement.
Figure 6: Fourré à jamerosats
Figure 7: Plantule de Raisin marron apparue suite au défrichement ayant créé une trouée de lumière dans le couvert végétal
– Le Califon (Strobilanthes hamiltoniana) qui pousse majoritairement dans les cours d’eau, se multiplie végétativement. Cela signifie qu’il peut se développer à partir des fragments de plantes, plus particulièrement grâce à des fragments de tiges. Il est impératif d’isoler les déchets de lutte du sol et d’éliminer rapidement les repousses.
Figure 8: Fourrés à califons
La lutte contre le Califon dans les cours d’eau permettra également d’ouvrir les sentiers et de favoriser la circulation dans la forêt. Le Califon empêche la régénération des autres espèces. En l’éliminant, cela libère beaucoup d’espèce qu’il faudra recoloniser en plantant massivement pour empêcher les EEE de s’installer.
Figure 16: Portion de ravine envahie par le Califon en décembre 2025
Figure 17: Même portion de ravine que sur la photo de gauche après l’action de lutte en février 2026
– Le Goyavier (Psidium cattleianum) est présent dans la forêt avec des densités plus ou moins importantes en fonction des secteurs. Des traces de lutte antérieures sont visibles car des souches avec de nombreux rejets sont observées. Ces souches doivent absolument être retirées avec le système racinaire pour empêcher la repousse.
Figure 9: Souches de goyavier arrachées après l’action de coupe réalisée
Ces actions de défrichement sont essentielles et doivent être pérennes. Elles doivent être couplées à des actions de plantations pour limiter la repousse des EEE. Ces actions de défrichement sont un bon moyen de laisser la place à la régénération naturelle des espèces indigènes.
Concernant les EEE animales, la proximité de la forêt avec les zones agricoles et d’élevage font d’elle un refuge idéal pour les rongeurs. Notamment, par la densité de sa végétation à certains endroits et par les nombreuses ressources alimentaires présentes. Par ailleurs, la présence de dépôt sauvage d’encombrants contribue également à la prolifération des rats.
La présence de rats non contrôlée, présente un risque sanitaire important pour les agents présents quotidiennement et le public de passage. Des équipements de protection individuelle (EPI) sont indispensables pour limiter la contamination par la leptospirose. Le lieu est à risque avec la présence de déchets combinée à celle de cours d’eau qui favorisent le développement de la leptospirose. En complément aux EPI, le vaccin contre la leptospirose est dispensé auprès des agents en début de contrat.
La présence des rongeurs peut également impacter la biodiversité de la forêt. Certaines espèces sont plus fragiles face aux prédateurs. De nombreux oiseaux endémiques sont présents dans la forêt comme le Merle pays, le Zoizo la vierge ou le Tec-tec. Les rats vont s’attaquer aux œufs de ces espèces. La végétation indigène est également ciblée par les rats. Il s’agit surtout du Rat noir qui est arboricole, c’est-à-dire qu’il est capable de grimper aux arbres. Ainsi, il va se nourrir des graines, bourgeons floraux ou d’écorce. Parmi les espèces présentes dans cette forêt et fréquemment prédatées par les rats, on peut noter le Bois de maman, le Foulsapate, la Liane de clé, … Les dégâts causés par les rats vont principalement impacter la multiplication et la régénération des espèces.
Figure 10: Fruits du Foulsapate (Hibiscus boryanus) prédatés par les rats
De ce fait, des sessions de dératisations seront mises en place régulièrement afin de réduire l’impact des rats sur les espèces indigènes et endémiques de La Réunion et de limiter le risque sanitaire qu’ils représentent.
Amélioration des connaissances:
Pour mieux guider les actions de restauration à mettre en œuvre, il faut avoir la connaissance / l’expertise du type de forêt qui caractérise le mieux la forêt de la Ligne d’équerre. Le CBNM possède cette expertise et a ainsi été missionné par l’AVE2M pour réaliser un inventaire de la forêt et identifier ses spécificités. Cet appui est nécessaire car des préconisations de gestion et des palettes végétales spécifiques ont été identifiées et soumises à l’AVE2M. Le CBNM accompagne également l’AVE2M à l’obtention d’une dérogation autorisant l’AVE2M à multiplier et implanter des espèces protégées et menacées dans la forêt de la Ligne d’équerre. Cette action a pour objectif d’augmenter la diversité végétale de la forêt et d’ajouter une nouvelle aire de distribution aux espèces menacées. Ces dernières se rarifient par la perte de leur habitat. En les implantant sur de nouveaux sites, cela contribue à la sauvegarde de ces espèces.
La combinaison des connaissances et des actions de gestion doit permettre à terme de restaurer la forêt en renforçant la diversité en espèces endémiques et indigènes.
Multiplication et renforcement des espèces indigènes et endémiques du site:
Figure 11: Photo de la serre à la pépinière de Bérive mise à disposition par la mairie du Tampon
Pour compléter la régénération naturellement présente sur le site, un partenariat a été mis en place avec la pépinière communale de la Pointe (chemin de la Bergerie). Une serre a été mise à disposition de l’AVE2M pour produire des plants qui seront par la suite implantés à la forêt. La demande de dérogation est en cours d’élaboration par le CBNM pour s’occuper de la récolte et de la culture des espèces protégées. A la vue de rareté de certaines espèces et leur faible régénération naturelle au sein de la forêt, il y a des enjeux forts de conservation à la Ligne d’équerre. En effet, certaines espèces sont en faible effectif et ne présentent aucune régénération (problème de fertilité ou prédation des fruits principalement identifiés). Un suivi phénologique est en cours pour identifier les bonnes périodes de récolte. En l’absence de fruits, des récoltes seront envisagées dans les forêts avoisinantes (ex situ) ou des translocations (ex situ vers in situ) pour renforcer les populations du site (in situ), et ainsi favoriser la régénération naturelle et améliorer la diversité génétique.
L’absence de certaines interactions naturelles a été identifiée et explique l’absence de recrutement de certaines espèces. La disparition d’animaux frugivores endémiques (tortues géantes, perroquet, chauve-souris, …) conduit progressivement à la perte des espèces à gros fruits charnus (nattes, takamaka, bois jaune, bois de nèfles à grandes feuilles, bois de pomme blanc, …). Ces espèces ont besoin d’ombrage aux premiers stades de développement. Lorsqu’elles dépassent le stade juvénile, elles ont besoin de lumière. Malheureusement en absence de dispersion, ces plants restent au pied de la plante mère, sont condamnés à rester dans l’ombre et vont progressivement dépérir. Pourtant ces espèces jouent un rôle essentiel de structuration des forêts, permettant ainsi d’améliorer la diversité des espèces. Ces espèces ont été ciblées pour la récolte des fruits et des plantules afin de permettre leur dispersion sur l’ensemble de la forêt.
Figure 12: Fruits du Takamaka (Calophyllum tacamahaca) retrouvés au pied du seul semencier identifié dans la forêt
Il est important de noter que le problème de germination observé ne s’applique qu’à quelques espèces dont les espèces menacées et surtout dans les secteurs dominés par le Jamerosat et le Califon. A l’exception de ces zones, la régénération naturelle est observée pour la plupart des espèces. Certaines espèces ont une fructification et germination abondante : des tapis de plantules sont observés pour le Tan georges (Molinea alternifolia) et le Café marron (Coffea mauritiana) par exemple. Ces constats permettent de mieux envisager des actions de récolte et de plantation ciblées. Il apparaît comme prioritaire d’aider les espèces avec une faible régénération et de replanter dans les zones ouvertes.
Figure 13: Diverses plantules d’espèces indigènes (Liane croc de chien, Tan Georges, Café marron,…)
Surveillance du site:
Aux menaces liées aux EEE, s’ajoutent les menaces d’origine humaine. La pression territoriale existe mais n’est pas la plus préoccupante. De plus, la municipalité doit vérifier le bornage afin de bien cadrer l’étendue de la forêt. Deux grandes menaces pèsent sur la survie des espèces : le braconnage animal/végétal et le dépôt de déchets. Pendant de nombreuses années, cette forêt a été délaissée. Mais ceux qui connaissaient la richesse de cette forêt, ont utilisé et exploité certaines de ses ressources sans penser aux conséquences. Des arbres centenaires, menacés d’extinction, ont été mutilés et abattus. Des chasseurs rodent encore avec des méthodes qui sont interdites (colle natte par exemple). Cette forêt mérite d’être connue par la richesse des espèces qu’elle possède mais ces actes complètement illégaux doivent être stoppés au risque de voir disparaître certaines espèces précieuses.
Figure 14: A gauche, cage d’appel (type « Serin ») retrouvée dans la forêt. A droite, un tronc de Bois jaune écorcé sur plus de 30cm de long.
Entretien et aménagement du site : le site ayant été abandonné pendant plusieurs années, un gros travail de réaménagement et d’entretien préalable doivent être mis en place avant de pouvoir assurer un accueil du public sécurisé et de qualité.
Des dépôts sauvages sont apparus et sont issus des habitations ou des exploitations agricoles, tous types de déchets y sont retrouvés : carcasse de voitures, cadavres de volaille, bouteilles en verre, encombrants divers, bâches plastiques… Ces déchets sont progressivement rapatriés à l’entrée de la forêt afin d’être évacués par les services de la CASUD. Ces incivilités doivent être stoppées à des fins de préservation du site et également du fait que l’évacuation des déchets impute du temps et de l’énergie aux travaux de restauration écologique.
Figure 15: Dépôts sauvages retrouvés au sein de la forêt, progressivement entassés pour être évacués
Par ailleurs, le réseau de sentier initialement retrouvé présente aujourd’hui des risques à la fois pour les usagers et pour la biodiversité présente. Il doit être progressivement réaménagé, dégagé, sécurisé et repensé/retracé à certains endroits. Ce nouveau réseau de sentiers permettra aux usagers de découvrir la biodiversité du site, en toute sécurité, et dans le respect des espèces précieuses et fragiles présentes.
Communication et sensibilisation:
Des chantiers participatifs ou encore des ateliers/évènements naturalistes/pédagogiques sont prévus afin de sensibiliser le grand public à la gestion de la forêt de la Ligne d’équerre et des milieux naturels de manière plus générale. Divers supports de communication seront réalisés en fonction des besoins. Les actions de sensibilisation seront principalement menées auprès des habitants du village de la Ligne d’équerre afin de les impliquer davantage dans les actions de gestion de leur forêt.
Quelques curiosités:
Grâce au travail de lutte contre les espèces invasives, certains arbres remarquables sont mis en lumière. Parmi ces singularités, il y a le Grand affouche (Ficus densifolia) qui possède des racines imposantes avec lesquelles il s’agrippe aux roches.
Par ailleurs, le réseau de sentier initialement retrouvé présente aujourd’hui des risques à la fois pour les usagers et pour la biodiversité présente. Il doit être progressivement réaménagé, dégagé, sécurisé et repensé/retracé à certains endroits. Ce nouveau réseau de sentiers permettra aux usagers de découvrir la biodiversité du site, en toute sécurité, et dans le respect des espèces précieuses et fragiles présentes.
Communication et sensibilisation:
Des chantiers participatifs ou encore des ateliers/évènements naturalistes/pédagogiques sont prévus afin de sensibiliser le grand public à la gestion de la forêt de la Ligne d’équerre et des milieux naturels de manière plus générale. Divers supports de communication seront réalisés en fonction des besoins. Les actions de sensibilisation seront principalement menées auprès des habitants du village de la Ligne d’équerre afin de les impliquer davantage dans les actions de gestion de leur forêt.
Quelques curiosités:
Grâce au travail de lutte contre les espèces invasives, certains arbres remarquables sont mis en lumière. Parmi ces singularités, il y a le Grand affouche (Ficus densifolia) qui possède des racines imposantes avec lesquelles il s’agrippe aux roches.
Figure 18: Réseau de racines du Grand affouche (Ficus densifolia)
Figure 19: Enorme roche retenue par les racines d’un Ficus densifolia
Une espèce au tronc caractérisé par une couleur blanc-rosé avec un diamètre imposant a été observé à quelques endroits dans la forêt. Les arbres les plus anciens développent des racines particulières, appelés contreforts, qui lui confèrent une meilleure prise au sol face aux vents forts. Il s’agit du Bois de pomme blanc qui est protégé et menacé d’extinction, et certainement l’une des espèces les plus emblématiques des forêts humides de basse altitude.
Figure 20: Troncs et racines caractéristiques du Bois de pomme blanc (Syzygium borbonicum)
Certaines espèces sont remarquables avec leur feuillage particulier. C’est le cas du Bois de papaye. Il existe plusieurs espèces à La Réunion qui possèdent toutes de grandes feuilles rondes facilement reconnaissables. A la ligne d’équerre, il s’agit du Bois de papaye « commun » (Polyscias repanda) qui est structurant des forêts humides de l’est de l’île. Il est présent sporadiquement dans la forêt.
Figure 21: Feuillage caractéristique du Bois de Papaye (Polyscias repanda)
Les spécificités du relief et du climat sont favorables à une importante diversité d’espèces que l’on retrouve dans les forêt sèches ou humides de basse altitude. Certaines espèces menacées subsistent également face aux menaces identifiées. Ce type de forêt a quasiment disparu de La Réunion et il est de notre devoir de protéger ce trésor de biodiversité afin qu’il ne disparaisse pas et qu’il puisse accompagner et témoigner sur son histoire auprès des futures générations.
Ce projet est financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme FEDER-FSE+ Réunion dont l’autorité de gestion est la Région Réunion. L’Europe s’engage à La Réunion avec le fonds FEDER. Financement également de la part de la Mairie du Tampon, de la CASUD ainsi que de l’Etat au travers du dispositif de contrat aidé.